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    la chasse à l'outarde continue

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    la chasse à l'outarde continue

    Message par Admin le Mer 21 Sep - 7:17

    Chronique (Mercredi 21 Septembre 2011)

    L’offrande
    Par : Mustapha Hammouche
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    Passez-moi la wilaya d’El-Bayadh et sa faune, que je m’amuse ! Les institutions nationales concernées par la sauvegarde du patrimoine naturel du pays faisaient bombance, hier, à Labiodh Sidi Cheikh, en compagnie d’émirs moyens-orientaux, chasseurs d’outarde. Ceux-ci avaient attiré autorités centrales et locales autour de méchouis censés fêter un lâcher d’outardeaux.
    Il n’y a que les ministres qui n’ont pas osé pousser l’insulte au protocole jusqu’à aller partager les agapes princières qui annoncent, en fait, l’ouverture de la chasse à l’outarde dans la région d’El-Bayadh. Les ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture et de l’Environnement, en particulier, censés veiller à la conservation de cette richesse faunistique, étaient représentés pour ce coup de sifflet de départ de la traque à l’outarde houbara et autres espèces classées. Le mystère de la toute-puissance des émirs, quand il s’agit de transformer de vastes territoires en terrains de jeu pour le sport favori et macabre, reste à élucider. Cela fait quelques années que des voix hurlent, sans résultat, dans le désert de l’indifférence officielle. Il y a donc des raisons que le pouvoir et les fonctionnaires commis à la surveillance du territoire et de ses richesses minérales, fauniques et végétales violent les lois du pays pour assurer le plaisir, paraît-il jouissif, de leurs illustres invités. Si on peut appeler invités, des braconniers qui imposent leur divertissement dévastateur à un État. Hier, c’était d’ailleurs l’Algérie officielle qui était invitée.
    C’est connu, dans la culture des pouvoirs arabes, l’échange de bons procédés entre suzerains fait office de relations bilatérales entre leurs États. Et leur diplomatie réciproque consiste en ce que les monarchies dynastiques ou républicaines se rendent mutuellement service, y compris aux dépens des intérêts de leur peuple ou de leurs pays respectifs. Ceci dit, rien d’étonnant à l’institutionnalisation de la chasse à l’outarde, en dépit des lois nationales qui, théoriquement, protègent l’espèce et des instruments internationaux dûment ratifiés et qui font de l’Algérie un des animateurs de l’œuvre universelle de défense de la biodiversité. Mais peut-être n’est-ce pas là qu’un théâtral engagement qui permet à nos dirigeants d’évoluer dans les forums dédiés à la cause.
    Mais dès que pointe un émir, la loi et le principe s’évanouissent. Et la sensibilité des Algériens à la durabilité des paysages, des espèces et des végétaux caractéristiques de leur patrie est – royalement – méprisée. On le voit avec le littoral, déversoir de nos excréments bruts, déjà largement dilapidé entre béton, égouts et décharges, la nature est la victime de prédilection du système de prévarication. On le voit aussi avec les forêts et les terrains agricoles qu’on déclasse à des fins de promotion immobilière. On le voit encore dans les oueds dévastés par le saccage des matières alluviales.
    C’est l’exact contraire de la durabilité. Tout peut donner prétexte au brûlis, y compris les besoins ludiques des émirs auxquels, apparemment, nous aussi devons la même déférence que leurs sujets.
    La souveraineté apparaît ici pour ce quelle est : un slogan d’autodéfense du régime. Mais quand il s’agit de bal de prédateurs, le pays n’est plus qu’un terrain de jeu cessible, y compris pour servir au divertissement des amitiés princières.

    M. H.
    musthammouche@yahoo.fr

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